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samedi 11 décembre 2010

Quel athée êtes-vous ?

Athéisme - L'homme debout : Les différentes formes de l'athéisme

Il existe de nombreuses formes d'athéisme et je me retrouve dans plusieurs d'entres elles :

Athéisme assertorique et Athéisme méthodologique
J'adhère au principe d'Euclide "Ce qui est affirmé sans preuve, peut être nié sans preuve".
S'il est vrai qu'en mathématiques on accepte les axiomes comme des assertions vrais et indémontrables, ils sont choisit aussi élémentaires que possible et sont indispensables à tout ou parti de l'édifice théorique. L'existence d'un dieu n'est ni élémentaire, ni indispensable pour expliquer le monde.

Athéisme pratique
Totalement : "Croire ne sert à rien. Je vis très bien sans."

Athéisme scientifique
Dans une certaine limite et par conséquence de mon matérialisme : seule une approche matérialiste pourra apporter des réponses. La science est par essence une remise en question perpétuelle, soit le contraire de la foi.

Athéisme anticlérical et Athéisme antireligieux
Une petite touche, car la croyance aveugle, la foi, retire plus à l'Homme qu'elle ne lui apporte. La simple idée qu'il n'y aurait une Vérité qu'il ne faudrait pas discuter est une insulte à l'intelligence.

mercredi 9 janvier 2008

Créationnisme en Europe

AFIS : Création, évolution et éducation

Le créationnisme n'est pas l'apanage des américains, il est aussi aux portes du Vieux Continent. Sa cible principale : l'éducation. Sous des prétextes fallacieux d'interdisciplinarité, de complémentarité des modes de pensée ou encore pour "donner un sens" se cache un grand bond en arrière intellectuel.

Déjà il est absurde de vouloir mettre sur un même plan un dogme religieux et un enseignement scientifique. Et il l'est tout autant de vouloir introduire un enseignement religieux dans le système éducatif : on risque surtout de provoquer une grande confusion en présentant côté à côte des connaissances objectives et des croyances. Que chaque enseignement reste à sa place et la liberté de chacun sera préservée. Après tout, est-ce qu'on exige des curés d'entrecouper leurs histoires, sermons et prières de remarques scientifiques ? Je vois d'ici le tableau :

Curé : "... méchanceté de l'homme ... Déluge ... Et Dieu dit à Noé : Genèse 6 : 14 ~16 et aussi Genèse 7 : 1~4"

Curé : "J'ouvre une parenthèse pour préciser que d'après les scientifiques, attraper, faire rentrer, cohabiter et nourrir pendant plus de 280 jours un couple de chaque animaux (on connaît 5400 espèces de mammifères, 8200 de reptiles ... et 1200000 d'insectes réparties sur toute la surface de la terre) dans une barge de 137 mètres de long, 26 mètres de large et 16 mètres de haut, est difficilement concevable".

Le Vatican a abandonné depuis longtemps (enfin tout est relatif) une lecture à la lettre des Evangiles. On ne trouve pas beaucoup de Cardinaux pour croire que la Terre est immobile au centre de l'Univers et qu'elle a été créée en 7 jours il y a quelques milliers d'années seulement. Et une approche au pied de la lettre leur ferait perdre les ouailles qui ont les deux pieds dans leur époque. Pour cette raison, le Vatican ne soutient pas la thèse du créationnisme. Mais évidemment le Vatican ne le combat pas non plus, pour pouvoir récupérer ce mouvement si par hasard il finissait par s'imposer suffisamment.

Il n'y a plus qu'a espérer que Nicolas Sarkozy et son sens de l'ouverture religieuse ne va pas dérouler le tapis rouge au créationnisme.

dimanche 30 décembre 2007

Sarkozy redéfinit la laïcité

Le Monde : Laïcité : l'approche sarkozyenne, par Yvon Quiniou
Marianne : Sarkozy menace-t-il la laïcité ?
Ouest-France : Bayrou attaque Sarkozy sur la laïcité
Voir aussi le blog de Catherine Kintzler et le discours à Saint-Jean-de-Latran sur le site de l'Elysée.

A Rome, Sarkozy nous a inventé une nouvelle laïcité, plus "neuve", plus "positive" qui ravira les plus zélés des catholiques.

Les réactions les plus vivent ne sont pas l'apanage des athées comme on pourrait le croire. La laïcité est un concept important pour tous, y compris les croyants. Parmi les réactions qui font plaisir à lire :

  • François Bayrou, à la fois catholique pratiquant et grand défenseur de la laïcité, n'a pas manqué de rappeler à Nicolas Sarkozy la conception française de la laïcité (voir l'article de Ouest-France)
  • L'Observatoire chrétien de la laïcité qualifie d'effarant, dans un communiqué de presse, le discours de Nicolas Sarkozy a Rome (voir le blog de Catherine Kintzler)

Autant les opinions du citoyen Sarkozy m'indiffèrent, autant les déclarations au nom de la France du Président Sarkozy me hérissent le poil. La place de la religion est dans la sphère privée des citoyens et pas ailleurs.

Quelques extraits de son lamentable discours, que je ne commenterai même pas :

  • La laïcité n'a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n'aurait pas dû.
  • C'est pourquoi nous devons tenir ensemble les deux bouts de la chaîne : assumer les racines chrétiennes de la France, et même les valoriser, tout en défendant la laïcité, enfin parvenue à maturité.
  • Même celui qui affirme ne pas croire ne peut soutenir en même temps qu'il ne s'interroge pas sur l'essentiel. Le fait spirituel, c'est la tendance naturelle de tous les hommes a rechercher une transcendance. Le fait religieux, c'est la réponse des religieux à cette aspiration fondamentale qui existe depuis que l'homme a conscience de sa destinée.
  • Bien sûr, ceux qui ne croient pas doivent être protégés de toute forme d'intolérance et de prosélytisme. Mais un homme qui croit , c'est un homme qui espère. Et l'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent.

Quelques sondages

TNS Sofres : Les Français et la chance

58% des Français croient en la chance et le même pourcentage estiment en avoir. 61% estiment que "N'importe qui peut avoir de la chance, c'est le hasard", contre 32% qui pensent que c'est le destin. Dans les mêmes proportions, ils estiment qu'ils vaut mieux compter sur sa volonté que la chance pour réussir dans la vie.

La réponse pour la réussite professionnelle tenderait a montrer que la notion de chance est confondue avec celle de hasard, on ne peut que l'espérer. J'adore tout particulièrement le "N'importe qui peut avoir de la chance, c'est le hasard". On dirait une question de micro-trottoir pour neuneu.

TNS Sofres : Les Français et les tabous

77% des français pensent que critiquer une religion "n'est pas quelque chose d'acceptable". Les religions auraient le droit d'influer sur les mentalités de milliards de gens mais il serait inacceptable de les critiquer en retour ? Les extrémistes de tout poil ont bien réussi leur coup.

Même si on prend la réponse dans un cadre restrictif (valable pour la France, mais pour combien de temps encore), à savoir un pays laïque et la religion confinée au domaine privé, elle est difficle à comprendre. Et les opinions philosophiques, la vie, l'univers et le reste, on peut encore polémiquer dessus ? Pour combien de temps ?

TNS Sofres : Les Enjeux du Quotidien: les Français et la religion

Résultat récent, sortie en avril 2007. Comme quoi il est important de poser les bonnes questions. Si deux tiers des français déclarent avoir une religion, seul un tiers déclarent croire en Dieu. Pour beaucoup, la religion relève plus de la culture que de la foi.

dimanche 9 décembre 2007

"Spe salvi" et l'athéisme

Dépêche du Monde : Le pape, dans sa deuxième encyclique, pourfend l'athéisme

Dans "Spe salvi" ("Sauvés dans l’espérance") le pape Benoît XVI juge l'athéisme responsable des plus grandes cruautés et des plus grandes violations de la justice dans l'Histoire. Quant à la science, elle peut aussi détruire l’homme et le monde, si elle n’est pas orientée par des forces qui se trouvent hors d’elle.

Le pape y rappelle que l'athéisme a pu apparaitre aux XIXe et XXe siècles, selon ses racines et sa finalité, un moralisme: une protestation contre les injustices du monde et de l'histoire universelle

Un monde qui doit se créer de lui-même sa justice est un monde sans espérance., fort heureusement le pape indique quatre lieux d’apprentissage et d’exercice de l’espérance.

  • La prière : communiquer avec Dieu.
  • L'agir : contre les issues perverses et pour maintenir le monde ouvert à Dieu
  • La souffrance : l'accepter et murir avec elle
  • Le Jugement de Dieu : pour obtenir la résurrection et la justice

Donc vous savez ce qu'il vous reste à faire : prier, combattre les lois impies et les mécréants et supporter les souffrances sans broncher jusqu'au Jugement final. Un magnifique programme tout en amour fraternel, non ?

L'athéisme n'est pas une invention récente, il est aussi vieux que les religions. Ces religions qui apparaissent, vivent, fusionnent ou disparaissent sur une échelle de temps suffisamment importante. A la base une religion est un cadre qui formalise des croyances. Ces dernières sont des tentatives d'explication du fonctionnement du monde, sous forme de créatures (le plus souvent anthropomorphes) plus ou moins puissantes.

Au fur et a mesure que l'Humanité progresse dans sa connaissance du monde, le besoin de ses divinités s'estompe. Bien sûr on ne peut pas tout décortiquer, tout expliquer et peut-être ne le pourra-t-on jamais, ce qui laisse pas mal de champs libre aux croyances en tout genre. Qui plus est comme il n'est pas possible de démontrer l'inexistence de quelque chose, il sera toujours possible de clamer qu'il existe une divinité qui nous surveille, nous juge et donne un sens à la vie, quelque soit les progrès de la connaissance.

Mais a-t-on besoin d'une religion pour se construire une morale, des valeurs pour vivre ensemble ? A-t-on besoin de donner un sens à la vie ? Non absolument pas. Et ça remet en cause tout le business de la foi.

Est-ce que les assemblées de tyrosémiophiles s'inquiètent des gens qui ne partagent pas leur passion pour les étiquettes de fromage ? Je ne pense pas, mais j'avoue ne pas en avoir trouvé pour vérifier. Mais si les chefs religieux s'inquiètent de la montée de l'athéisme, ce n'est pas pour le bien spirituel de ces mécréants, mais parce que ça sape le fondement de leur pouvoir.

Cet encyclique est un message d'espoir pour les athées : l'athéisme progresse.